
Pourquoi en parler en Polynésie française ?
En Polynésie française, l’obésité et le diabète représentent un enjeu majeur de santé publique. Près de 7 adultes sur 10 sont en surpoids et le diabète touche plus d’1 Polynésien sur 5. Les maladies cardiovasculaires constituent ainsi la première cause de mortalité, devant les cancers, contrairement à la France métropolitaine.
Dans ce contexte, la sédentarité et le manque d’activité physique jouent un rôle central.
Sédentarité et inactivité physique : deux notions différentes
L’activité physique correspond à tout mouvement du corps augmentant la dépense énergétique : marcher, jardiner, faire le ménage, se déplacer à vélo, monter des escaliers.

On parle d’inactivité physique lorsque les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne sont pas atteintes :
– Adultes : <150 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée
– Enfants et adolescents : < 60 minutes par jour
La sédentarité correspond au temps passé assis ou allongé hors sommeil, avec une dépense énergétique très faible. Plus le temps passé assis est important, notamment au-delà de 8 à 10 heures par jour, plus les risques pour la santé augmentent. On sait que la sédentarité et la mortalité sont fortement corrélées, indépendamment du niveau d’activité physique, c’est-à-dire que la sédentarité peut augmenter le risque de mortalité globale même si on est physiquement actif. Par exemple, faire du sport le matin n’efface pas les effets néfastes d’une journée entière passée assis au bureau.
Ainsi, inactivité physique et sédentarité sont deux problèmes de santé publique distincts qu’il faut combattre simultanément.
La sédentarité :

Indépendamment des autres facteurs de risque, une vie sédentaire est associée à un risque multiplié par 2,5 de développer une maladie cardiovasculaire . Le risque de développer un diabète de type 2 est, lui, doublé chez les personnes très sédentaires. Certains cancers sont également favorisés par un mode de vie trop sédentaire : le risque de cancer du côlon augmente de 24 %, celui du cancer de l’endomètre de 32 %, et celui du cancer du poumon de 21 % . Des liens ont également été établis entre sédentarité, symptômes dépressifs et troubles anxieux.
Les mécanismes sous-jacents sont multiples : L’absence de mouvement prolongée entraîne une dysfonction vasculaire aux niveaux des membres inférieurs : la circulation sanguine se fait moins bien, la pression artérielle tend à augmenter légèrement (de l’ordre de 1 à 10 mmHg), la glycémie augmente et une inflammation générale peut s’installer. La bonne nouvelle, c’est qu’interrompre régulièrement le temps passé assis par de courtes pauses actives permet d’inverser en partie ces effets : se lever et marcher quelques minutes réduit la glycémie, améliore la sensibilité à l’insuline et aide les vaisseaux sanguins à récupérer une fonction normale.
L’activité physique :
À l’inverse de la sédentarité, la pratique régulière d’une activité physique est essentielle pour préserver la santé. Il est important de bien distinguer l’activité physique du sport : l’activité physique ne se limite pas à une pratique sportive, mais correspond à tous les mouvements réalisés au quotidien, qu’il s’agisse de se déplacer, de travailler, de faire le ménage, du jardinage ou d’activités de loisirs.
Selon l’OMS, l’activité physique correspond à tout mouvement du corps produit par les muscles, entraînant une augmentation de la dépense énergétique au-delà du repos. Chez l’adulte, il est recommandé de pratiquer entre 150 et 300 minutes par semaine d’activité physique d’intensité modérée, ou l’équivalent, idéalement réparties sur la semaine.
L’OMS considère d’ailleurs l’inactivité physique comme un enjeu de santé publique majeur, comparable au tabagisme, avec plus de 5 millions de décès attribuables chaque année dans le monde.

Les effets bénéfiques de l’activité physique sont aujourd’hui largement démontrés : réduction du risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de certains cancers, amélioration de la santé mentale, du sommeil, de la qualité de vie et augmentation de l’espérance de vie.

Elle constitue ainsi un véritable traitement non médicamenteux, efficace à tous les âges.

Contrairement à une idée reçue, il n’est pas nécessaire d’atteindre 10 000 pas par jour pour en tirer des bénéfices. L’essentiel est de bouger régulièrement et durablement, en intégrant le mouvement au quotidien.
Conclusion :
Pour lutter efficacement contre la sédentarité, le message est simple : rompre régulièrement le temps passé assis. En cas de poste sédentaire, il est recommandé de se lever au minimum toutes les heures, même quelques minutes, pour marcher, s’étirer, téléphoner debout ou privilégier les escaliers plutôt que l’ascenseur.
Concernant l’activité physique, l’objectif n’est pas de « faire du sport », mais de commencer par bouger plus, afin de maintenir un niveau d’activité compatible avec le rythme de vie de chacun. Lorsque les journées de travail sont chargées, il est pertinent de s’appuyer sur les temps disponibles, notamment le week-end, pour pratiquer une activité physique simple et accessible, comme la marche à allure modérée, le vélo ou des activités de plein air.
Les recommandations de l’OMS pour les adultes préconisent au moins 150 à 300 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine, un objectif atteignable même lorsque l’activité est répartie sur quelques jours, selon les contraintes personnelles et professionnelles.

En milieu professionnel, des actions collectives et ludiques peuvent être mises en place, comme des challenges (par exemple un concours de pas organisés sur un mois, une fois par an, par équipe ou par service, à l’aide du téléphone ou d’objets connectés), afin de favoriser l’adhésion et de créer une dynamique durable. Pour aller plus loin, des bureaux assis-debout, associés ou non à des pédaliers ou tapis de marche, permettent d’augmenter l’activité physique directement sur le lieu de travail, tout en réduisant le temps assis sans perturber l’activité professionnelle.
L’essentiel est d’adopter une activité physique régulière, adaptée à son rythme de vie, en privilégiant la progressivité, la régularité, l’adaptation et le plaisir, afin de maintenir une pratique durable dans le temps.
Comme vous l’aurez compris, bouger davantage et réduire le temps passé assis constitue aujourd’hui l’un des leviers les plus simples et les plus efficaces pour préserver durablement sa santé.







